«Bons coups» et regrets d’un maire intègre…

S’il était né au 17e siècle, Alain Castagner serait ce qu’on appelait alors un « honnête homme ». Courtois, cultivé et bien de son siècle, le maire de Saint-Anicet sait en plus dominer ses émotions, que ce soit lors d’une séance agitée du conseil municipal ou en entrevue avec des journalistes. Mais cet homme effacé et calme – qui fut préfet de la MRC du Haut-Saint-Laurent pendant une dizaine d’années – peut néanmoins se targuer d’avoir fait de Saint-Anicet une municipalité dynamique et moderne. Alors qu’il entame la dernière de ses 19 années à la tête de «sa» municipalité, Alain Castagner relate ici son engagement comme maire d’une petite communauté, un poste souvent ingrat qui commande une dose élevée d’altruisme et de générosité.

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Les Castagner sont arrivés quand à Saint-Anicet?

– Mon ancêtre est arrivé au Québec en 1740. Il était fabriquant de barriques et provenait de la région de Bordeaux. Ses descendants se sont établis à Saint-Anicet autour de 1800. Je demeure toujours à Saint-Anicet sur le même lot que mes ancêtres.

Profession?

–  J’ai gagné ma vie comme dentiste à Valleyfield. J’ai débuté en 1973 et pris ma retraite en 2013.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous impliquer en politique municipale?

Avant de m’intéresser à la vie municipale, j’ai été actif auprès des Optimistes de Huntingdon pendant une dizaine d’années, j’ai même été président. Puis, en 1994, j’ai été sollicité pour me présenter comme conseiller municipal. À ce moment – là, le conseil municipal vivait des moments difficiles. Il était divisé et le maire faisait l’objet d’une enquête menée par le ministère des Affaires municipales. Le conseil passait des règlements mais ne les suivait pas toujours…

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous présenter maire en 1998?

– Comme mes enfants étaient plus vieux et que j’avais moins d’obligations à leur égard, j’avais un peu plus de temps libre à consacrer à la municipalité. Déjà, il y avait une nouvelle directrice générale et un nouveau code d’éthique que le conseil venait tout juste de mettre en place. Comme je n’étais affilié à aucun clan, mon objectif principal était d’apporter la paix dans la municipalité. J’avais la conviction qu’on fait plus de choses en  travaillant ensemble…

Au moment des élections en 1998, nous étions 3 candidats à briguer les suffrages à la mairie. Plus de 80% de la population s’est alors présentée aux urnes et j’ai obtenu une majorité d’une centaine de votes sur mon plus proche adversaire.

Comme maire depuis près de 20 ans, quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier?

– Parlons d’abord des réalisations visibles : l’achat du terrain de l’hôtel qui a permis l’agrandissement du parc Jules Léger, la bibliothèque, le réseau d’égout du village, la salle communautaire et le nouveau garage municipal.  Si je regarde en arrière, j’ai réussi avec l’aide de l’équipe à considérer Saint-Anicet dans son ensemble. Car peu importe que l’on habite à Cazaville, à la Pointe Trépanier ou dans un rang, on a tous la même importance et la même valeur.

 

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Et les réalisations moins visibles, comme au niveau administratif?

On a toujours essayé d’être une municipalité entrepreneure. C’est qu’on se disait qu’à Saint-Anicet, il n’y a pas beaucoup de sources de travail et que si on employait 10 personnes domiciliées dans notre territoire, on faisait vivre ainsi 10 familles et l’argent se dépensait dans la municipalité.

Présentement, on compte une moyenne de 15 employés. Jusqu’à maintenant, pour les payeurs de taxes, les coûts étaient comparables avec le privé. C’est particulier présentement avec les difficultés de la négociation collective, mais c’est passager.

Depuis 2 ans, j’ai été amené à réaliser que  notre administration passée avait un côté amateur, bien qu’on arrivait quand même à atteindre nos objectifs. Cela a pris deux ans pour se déprogrammer. Actuellement, notre administration est beaucoup plus structurée et plus rigoureuse. On fait des évaluations, on a des objectifs clairs et des suivis, c’est dérangeant, mais raisonnable. Comme employeur, il faut reprendre notre droit de gestion, cela a un peu glissé au niveau de la convention collective.  Le problème n’est pas toujours monétaire, mais vous comprendrez qu’on ne veut pas se faire manger la laine sur le dos.

Comment se porte la démocratie municipale à Saint-Anicet?

On écoute de plus en plus la population et on incorpore ses suggestions dans nos décisions. Dernièrement, nous avons fait beaucoup de consultations publiques, que ce soit au niveau de la politique familiale ou autres. On souhaite plus d’implication citoyenne, on veut susciter l’engouement des gens pour leur communauté.

Puisque vous ne vous représenterez pas en novembre 2017, quels conseils donneriez-vous à votre successeur?

Chaque conseil municipal est différent, mais je crois qu’il faut s’assurer qu’il y ait une continuité. Les besoins sont les mêmes, mais il faudra prendre en compte le fait que la population est vieillissante. La protection de l’environnement et des cours d’eau sera un enjeu majeur dans l’avenir.

Avez-vous des regrets?

-J’ai toujours aimé qu’on fonctionne par consensus au conseil municipal. Actuellement, il n’y a pas de consensus,  on y va par majorité…

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent.

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5 Réponses à "«Bons coups» et regrets d’un maire intègre…"

  1. Eric Corbeil   19 novembre 2016 at 12 h 19 min

    M. Castagner est un grand de notre région. Merci pour tout! Probablement le maire le plus dévoué à la Conférence régionale des élus.

  2. Mathieu Castagner   15 octobre 2016 at 12 h 53 min

    Je suis fière de toi papa.

  3. Ginette Caza   13 octobre 2016 at 21 h 27 min

    Très belle entrevue Denyse, Alain Castagner s’est dévoué pour la municipalité et continue de le faire. J’ai eu la chance de travailler avec lui au Conseil municipal pendant huit ans et je n’ai que de l’admiration et du respect pour lui. Merci Denyse.

  4. Francine Beausoleil   11 octobre 2016 at 18 h 51 min

    Très beau témoignage. Merci M. Castagner pour votre dévouement auprès de la Municipalité de St-Anicet. Vous avez fait un travail colossal tout au long de ces années. Vous pouvez dire mission accomplie à tout égard. Il est maintenant de penser à vous et vos proches et de vivre une 2ième retraite bien méritée. Un grand MERCI sincère à un GRAND HOMME dont le respect est sa qualité première. Une citoyenne qui vous apprécie énormément.

  5. louise lachance legault   11 octobre 2016 at 17 h 45 min

    excellente entrevue!!!!!!
    Merci Denyse, merci Alain