Changements climatiques et Haut-Saint-Laurent

Changements climatiques et Haut-Saint-Laurent

Attendons-nous à l’inattendu!

Les changements climatiques ont des effets sur toute la planète mais avec El Niño qui manifeste cette année un retour en force, à quoi devons-nous nous attendre? Au fait, que nous réserve le prochain hiver dans le Haut-Saint-Laurent et au Québec? Une autre crise du verglas? Des montagnes de neige? Un hiver glacial ou relativement tempéré?

C’est à ces questions – et bien d’autres – qu’a tenté de répondre Patrick de Bellefeuille, le célèbre présentateur de MétéoMédia lors d’une conférence qui a attiré plus d’une centaine de personnes le 18 septembre dernier à la marina de Valleyfield. Intitulée justement « Le fleuve Saint-Laurent et les changements climatiques », la conférence était organisée par le Comité ZIP Haut-Saint-Laurent, un organisme de concertation en environnement dont l’un des buts est de redonner l’accès du fleuve aux citoyens.

Ayant manifestement le trac malgré sa longue expérience du public et les encouragements de sa mère, la comédienne Nicole Kerjean qui réside à Saint-Antoine-Abbé, Patrick de Bellefeuille a commencé par entretenir son auditoire de quelques notions de base essentielles en météo : fronts chauds et froids, zones humides, formation des nuages, vents, etc. Sans oublier évidemment cet El Niño – « Enfant Jésus » en espagnol, car le phénomène se fait sentir peu après Noël au large de la côte Ouest de l’Amérique latine – qui chambarde le climat entre les pôles et l’équateur avec des conséquences souvent dévastatrices.

«La nature n’aime pas le changement et tente toujours de retrouver son équilibre, a expliqué avec brio Patrick de Bellefeuille. Si la température moyenne de la terre, qui est de 15 °C, augmente de plus de 2 degrés au cours des prochaines années comme le croient les scientifiques, l’équilibre sera rompu et les effets de ce déséquilibre se feront sentir sur toute la planète.»

Mais qu’est ce que tout cela augure pour le Québec et le Haut-Saint-Laurent? Une autre crise du verglas? Des inondations? Ces questions, Patrick de Bellefeuille les a abordées avec toute la prudence qui caractérise le personnage, à l’antenne de MétéoMédia depuis la naissance de la station en 1988. «Il est peu probable que tous les facteurs de 1998 se manifestent en même temps, a-t-il dit à l’assistance suspendue à ses lèvres. Mais nous aurons probablement un hiver plus chaud, avec plus de neige. En d’autres mots : Sortons nos pelles! Et attendons-nous à l’inattendu! »

À plus long terme, si le réchauffement climatique s’accélère comme le montrent la plupart des modèles prévisionnistes, on peut prévoir la fonte des glaciers et une montée générale des eaux. Ce qui aurait notamment pour effet d’éroder les berges du fleuve Saint-Laurent. «Présentement, l’eau salée va jusqu’aux abords de l’Île d’Orléans mais si les eaux montent, c’est jusqu’au Lac Saint-Pierre que les eaux douces deviendront salées, a ajouté le communicateur, l’un des rares capables de transmettre au grand public la conscience nécessaire à l’action.  Ce serait donc un milieu nouveau pour la faune et la flore et il est peu probable qu’elles s’adaptent rapidement

Chose certaine, les contaminants déjà présents par milliers dans les Grands Lacs et le Saint-Laurent verraient leur concentration augmentée, au grand dam des bélugas, baleines, goélands et autres fous de Bassan.

Ces derniers seront-ils encore les grands oubliés? Réponse le 19 octobre au soir, alors qu’on saura qui représentera le Canada à la Conférence de Paris sur les changements climatiques…

Source : France Lemieux

Correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Credit photo Comite Zip

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gauche à droite: Erin O’Hare, directrice générale du Comité ZIP; Madame Sylvie Joly, conseillère de la municipalité de Les Coteaux et administratrice du conseil d’administration du Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent; Patrick De Bellefeuille, conférencier; Brigitte Brunelle, présidente du Comité ZIP

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