Le cœur sur la main à l’ADDS Huntingdon

Sans tambour ni trompette, l’Association pour la défense des droits sociaux Huntingdon célèbre cette année ses 35 ans d’existence. Plus d’un tiers de siècle à défendre les droits et les intérêts des moins nantis, tout en éduquant, informant et aidant.

Yanick Huet et Edgar Malboeuf (debout) en compagnie d’Albert Hogue, très satisfait du service de l’ADDS.

«Au total, on rejoint quelque 600 personnes au cours d’une année, dit Yanick Huet, coordonnateur de l’organisme sans but lucratif installé dans l’édifice Brathwaite, rue Chateauguay, à Huntingdon. Certains pensent que nous ne dispensons des services qu’aux personnes qui reçoivent de l’aide sociale mais c’est faux. Nous essayons d’aider tout le monde…»

Obtention de crédits fiscaux, planification budgétaire, aide pour remplir des formulaires, droit du logement, clinique d’impôt fort populaire, etc., l’ADDS ratisse large car les besoins sont grands dans un contexte à la fois rural et urbain comme celui du Haut-Saint-Laurent, spécialement en matière financière. L’ADDS dessert en effet toute la MRC – statistiquement, l’une des plus pauvres du Québec – et bénéficie pour ce faire d’une subvention de 48 000$ du Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales du Québec. Emploi-Québec verse également une subvention pour défrayer en partie le salaire d’un adjoint pendant six mois.

Depuis que l’Association d’économie familiale de Salaberry-de-Valleyfield a fermé ses portes, les besoins se font encore plus pressants. Du retraité qui peine à comprendre la lettre reçue «du gouvernement» au travailleur à salaire minimum qui doit des milliers de dollars à Hydro-Québec, du jeune surendetté et peu scolarisé à la mère monoparentale que tente d’évincer un propriétaire chatouilleux, l’équipe de l’ADDS Huntingdon fait des pieds et des mains pour aider tout le monde.

Yanick Huet, coordonnateur de l’ADDS Huntingdon.

Composée autant de célibataires que de chefs de famille généralement à faibles revenus, sa clientèle – souvent peu scolarisée, parfois analphabète – est constituée à 40% d’anglophones, souvent unilingues. « On rencontre les mêmes problèmes de pauvreté chez les anglophones que chez les francophones, explique Yanick Huet, qui fut naguère coordonnateur de projets à Une affaire de famille, un organisme bien connu dans le Haut-Saint-Laurent. Il y a aussi beaucoup d’itinérance parmi certains jeunes, qui ne dorment pas nécessairement dans la rue comme dans les grandes villes mais qui vont coucher chez un ami pendant un mois, puis vont chez un autre, etc. Comme ils n’ont pas d’adresse fixe, ils ne peuvent recevoir d’aide sociale et ne font pas de rapport d’impôt. Administrativement, ils n’existent pas. De temps en temps, l’un d’eux vient nous voir. On l’aide à s’organiser, à remplir une demande d’aide sociale, etc.»

Edgar Malboeuf, son adjoint qui a œuvré en comptabilité d’entreprise à Montréal, avoue avoir été déstabilisé au début. «Là-bas, le but c’était de faire le maximum de profit, dit ce natif de Rockburn. À l’ADDS, c’est le contraire, on se demande plutôt comment faire pour aider les gens. La philosophie est différente. Ici, il faut apprendre à connaître les gens et saisir leur réalité socio-économique tout en faisant preuve de patience, d’entregent et de sens de l’humour.»

»On a le sentiment de vraiment aider les gens, ajoute Yanick Huet. Ils entrent stressés et en ressortent calmés parce qu’on les a aidés à trouver une solution. Beaucoup nous offrent même de payer pour nos services même s’ils n’ont pas d’argent. Et lorsqu’on voit quelqu’un en détresse qui n’a même pas 5$ pour défrayer sa carte de membre annuelle de l’ADDS – condition pour recevoir des services – on ne refuse pas de l’aider!»

 

André Lachance

Correspondant bénévole du Haut-Saint-Laurent

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