Des réfugiés syriens pour voisins dans le Haut-Saint-Laurent?

Des manifestations visant à encourager les réformes démocratiques éclatent partout en Syrie. La répression du régime Assad contre les manifestants ne cesse d’augmenter. Des milliers de civils sont arrêtés, torturés, voire même tués. Débute alors une longue série de combats entre l’armée restée fidèle au dictateur et ceux qualifiés de rebelles : la guerre civile en Syrie commence.

Des réfugiés syriens pour voisins dans le Haut-Saint-Laurent?

 

Un peu moins de cinq ans plus tard, au Canada, les conservateurs sont défaits et le Parti libéral entre au pouvoir avec à sa tête Justin Trudeau, et sa promesse d’accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin de 2015. Fin février 2016, le Canada a accueilli exactement 24 092 réfugiés syriens, soit un peu moins que promis lors de la campagne électorale. Déjà, les organismes de Toronto, Vancouver, Ottawa et Halifax chargés de s’occuper de ces nouveaux arrivants manquent de main-d’oeuvre et de logements et ils sont incapables de répondre à cette arrivée massive de réfugiés.

Les régions pourraient aider à résoudre le problème. Cependant, pas question de forcer l’accueil de ces gens en région si l’acceptabilité sociale n’y est pas. Justement, qu’en pensent les gens du Haut-Saint-Laurent? Sommes-nous favorables à l’arrivée de masse de tant de réfugiés? Ou, au contraire, la simple mention du mot «syrien» révolte-t-elle la majorité d’entre nous?

Des réfugiés syriens pour voisins dans le Haut-Saint-Laurent?

 

Un petit sondage maison que j’ai effectué auprès d’une quarantaine de personnes de Godmanchester, Huntingdon, Ormstown, Sainte-Barbe et Saint-Stanislas-de-Kostka est révélateur. Je leur ai posé  les deux questions suivantes : « Seriez-vous d’accord avec l’arrivée de réfugiés syriens dans la région? » et « La religion des réfugiés syriens a-t-elle une quelconque importance pour vous? ».

Le fossé générationnel est clair. En effet, si l’on ne tient pas compte des indécis, une majorité écrasante de jeunes âgés de moins de 18 ans est en accord ou plutôt en accord avec une possible arrivée de réfugiés syriens dans la région. En fait, la grande majorité des consultés semble être en accord avec cette éventualité, même si un peu plus du quart s’y oppose. Fait intéressant, l’écart s’amenuise au fur et à mesure que l’âge des personnes consultées augmente, au point que, à partir de 45 ans, autant de personnes sont en accord qu’en désaccord…

En ce qui a trait à la seconde question, les avis sont plus mitigés. Alors que la majeure partie des répondants était sympathique à l’arrivée de réfugiés dans la région, près de la moitié s’y opposait s’il s’agissait de musulmans. Encore une fois, cette répulsion envers les disciples d’Allah est un peu moins forte chez les mineurs même si à peine plus de la moitié des sondés est en accord.

Conclusion, ce petit sondage sans prétention révèle que l’accueil de réfugiés syriens dans la région est vu d’un bon oeil par la majorité de la population lorsqu’il s’agit de réfugiés chrétiens ou autres. Par contre, lorsqu’il est question de réfugiés musulmans, l’acceptabilité sociale n’est pas vraiment au rendez-vous. Vous avez dit que tout est une question d’image?

Daniel Roy-Lamontagne

Étudiant à l’école Arthur-Pigeon de Huntingdon

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Une Réponse à "Des réfugiés syriens pour voisins dans le Haut-Saint-Laurent?"

  1. Julien   5 avril 2016 at 11 h 46 min

    Triste de voir que la religion d’une personne semble être un motif raisonnable pour refuser de l’aider. Il serait bien de voir ces gens pour ce qu’ils sont, des gens fuyant la guerre, plutôt que de leur coller l’étiquette « d’indésirable » sur la base d’une perception erronée de ce que leur religion représente. En espérant que l’école Arthur-Pigeon se fait un devoir de fournir à ses élèves les outils pour développer un esprit critique leur permettant d’éviter de tomber dans les pièges de la pensée simpliste.