Le doux géant qui créait du bonheur

Depuis son élection à la mairie de Huntingdon en 2013, André Brunette n’a pas chômé, loin de là. La gestion et le développement de sa municipalité l’occupent en effet à plein temps et il se dit fier d’avoir contribué à la création de 116 nouveaux emplois, tout en réussissant à en maintenir quelque 280 au sein des 28 entreprises installées à Huntingdon.

C’est que doucement mais sûrement, «sa» ville remonte la pente. L’annus horribilis de 2005 – qui vit cinq usines fermer subitement leurs portes, entraînant la perte de 800 emplois – demeure un souvenir cuisant pour plusieurs mais la page semble enfin tournée. Le climat économique s’améliore peu à peu. «L’ex-maire Stéphane Gendron, de même que la commissaire industrielle Colette Arsenault, ont travaillé très fort pour que la ville puisse acheter les bâtiments industriels vides et aujourd’hui on en profite, dit André Brunette. Près de 60% des locaux industriels étaient loués à mon arrivée à la mairie en 2013. On les a rénové grâce aux subventions de Québec et ils sont maintenant loués à 94%. Il ne reste d’inoccupé qu’un local de 8000 pieds carrés.»

Le prolongement du réseau de Gaz métropolitain sur le territoire de la municipalité est une autre réussite qui, selon lui, favorisera le développement industriel et résidentiel de Huntingdon. Il entend d’ailleurs passer de l’électricité au gaz afin de chauffer le vénérable hôtel de ville et deux écoles songeraient à faire de même. Côté construction, 74 nouvelles unités de logements ont vu le jour depuis 2013, sans parler de sept résidences individuelles. Huit commerces ont aussi vu le jour. «La création d’emplois est le moteur qui va permettre de rehausser la qualité de vie de nos citoyens, voire même d’augmenter la population de la seule ville industrielle du Haut-Saint-Laurent», explique le maire, rappelant que celle-ci, habitée aujourd’hui par quelque 2 400 personnes, a déjà compté 5 000 habitants.

Le maire Brunette se félicite aussi d’avoir mis un frein aux coûteuses poursuites légales entreprises contre Huntingdon à l’époque de l’administration précédente. «Gendron avait des talents indéniables mais ses déclarations intempestives ont fait du tort, explique-t-il. À mon arrivée en 2013, la ville faisait face à 7 ou 8 poursuites, qui totalisaient 7 millions de $ sur un budget de moins de 5 millions… Ça a été pour moi et le conseil un gros mandat. On a défendu la ville et on a réglé la totalité des dossiers pour 600 000$ environ!»

Pas étonnant que nombre de citoyens lui savent gré de ne pas avoir haussé les taxes – déjà très élevées – pendant son mandat. Au 31 décembre 2015, Huntingdon traînait une dette de 7 609 455$. «On a respecté notre budget à la lettre, dit-il. Au cœur de notre gestion quotidienne, les dépenses de la municipalité sont passées au peigne fin, chaque dollar dépensé doit être justifié. Nous sommes fiers d’avoir réussi à ne pas augmenter les taxes depuis les quatre dernières années. C’est le résultat d’un travail d’équipe avec l’administration, les employés et les membres du conseil.»

Doux géant de 6 pieds 6 pouces, André Brunette écoute ses interlocuteurs avec bienveillance. Il se penche vers vous, humble et généreux dans son attention toute particulière pour chacun. Il jouit d’une excellente mémoire et connaît presque tous ses commettants par leur prénom.

Natif de Huntingdon – son père et sa mère ont travaillé longtemps à la Cleyn & Tinker –, André Brunette a fait des études en lettres aux universités Laval et Concordia. Après trois ans passés chez Honda à Laval, il a ensuite travaillé 33 ans dans les laboratoires de la Zinc électrolytique de Salaberry-de-Valleyfield. Il est marié et père de trois fils adultes.

À la retraite, d’autres que lui se seraient contentés d’une vie tranquille et peinarde. Mais cela serait mal connaître André Brunette. «Dans une petite ville comme la nôtre, tout le monde se connaît et les besoins sont nombreux, explique le maire qui, chaque jour, œuvre à son bureau de 9h à 17h15. On m’appelle de partout, au bureau comme à la maison, souvent en soirée. Ce n’est pas toujours facile mais il faut croire que j’aime ça…»

Son travail de maire à plein temps d’une ville longtemps dévitalisée ne lui rapporte qu’environ 32 000$ par année, en incluant la rémunération et l’allocation versée par la MRC du Haut-Saint-Laurent. «Je ne réclame rien à la ville pour mes déplacements, laisse-t-il tomber. Lorsque je vais à une réunion de travail à Hemmingford par exemple, je paie mon essence moi-même.» Présentement, une bonne partie de son énergie est consacrée à l’implantation d’une usine de production de cannabis médical, un projet de 25 millions de $ qui, s’il voit le jour, pourrait employer jusqu’à 200 personnes.

Maire de 1995 à 2003, puis de nouveau depuis 2013, André Brunette est jusqu’à présent le seul candidat à avoir annoncé publiquement son intention de briguer le poste de premier magistrat de Huntingdon.

«Mon but, c’est de continuer à travailler pour le bien-être de tous nos concitoyens, dit-il, ses grosses mains tapissant un bureau derrière lequel un drapeau américain côtoie ceux du Québec et du Canada, question de mettre à l’aise d’éventuels investisseurs américains. Il nous faut une vision à long terme pour que Huntingdon retrouve sa prospérité d’antan.»

Denise Saint-Germain et André Lachance, correspondants bénévoles du Haut-Saint-Laurent.

image_print

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Montrez nous que vous êtes humain! *