L’agriculture unit les indépendantistes du comté de Huntingdon

Plus d’une trentaine de producteurs et de citoyens préoccupés par les questions agricoles ont participé le 10 avril à Saint-Chrysostome à une rencontre organisée par le Regroupement les forces indépendantistes de la circonscription de Huntingdon.

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Ayant pour thème «L’indépendance en agriculture : un défi! », la rencontre – qui rassemblait des militants du Parti québécois, de Québec solidaire, d’Option nationale et du Bloc québécois – a constitué la première manifestation publique d’un rapprochement interpartis indépendantistes dans la circonscription de Huntingdon, sinon du Québec tout entier.

« Pour cette première collaboration, on n’a pas choisi un sujet qui nous divise, reconnaît Gérard Séguin, le coordonnateur de Québec solidaire Huntingdon, qui a initié le rapprochement interpartis en avril 2015. La santé de notre agriculture préoccupe tous les partis indépendantistes, il était donc normal qu’on choisisse d’en débattre.»

Les participants ont écouté avec attention Denys Van Winden, grand producteur maraîcher de Sherrington, et l’agronome Yveline Martin, spécialisée en agriculture biologique, décrire diverses facettes de l’agriculture dans les MRC du Haut-Saint-Laurent et des Jardins-de-Napierville : rentabilité des exploitations, agriculture raisonnée, autosuffisance alimentaire, étiquetage déficient sinon mensonger, ouverture des marchés, subventions, prix des terres agricoles et spéculation, marchés de niche, bonnes pratiques agricoles, relève, etc.

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Insistant sur la nécessité pour les petits producteurs de développer des marchés de niche, ce que la région est justement en passe de réussir avec brio, Yveline Martin a rappelé le rôle considérable des consommateurs en matière de développement agricole. «Il faut que nous exigions des grandes chaînes d’alimentation qu’elles offrent sur leurs tablettes des produits d’ici, a-t-elle affirmé. Car si on parle d’autonomie alimentaire pour le Québec, il faut que le consommateur fasse sa part! »

Selon Denys Van Winden, qui emploie une cinquantaine de travailleurs étrangers pendant la belle saison, l’existence d’un marché de 90 millions de consommateurs à quelques heures de route au sud de la frontière constitue une occasion en or pour développer et rentabiliser les fermes maraîchères de la Montérégie-Ouest, indépendance ou pas.  « Le fédéral n’est pas un gros joueur en agriculture, a-t-il rappelé, passant toutefois sous silence la signature par Ottawa de nombreux accords de libre-échange qui ont des effets délétères sur notre agriculture. Ses politiques font pitié et ce n’est pas lui qui nous aide le plus. »

André Lachance, correspondant bénévole du Haut-Saint-Laurent

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