Le milieu communautaire tente de tisser des liens avec les élus

L’importance économique et sociale du milieu communautaire – qui emploie quelque 250 personnes et entraîne des retombées annuelles de plus de 9 millions dans le Haut-Saint-Laurent – étant méconnue des élus, le milieu communautaire propose à ces derniers un programme original de soutien.

« On sait que les élus sont très sollicités et que les enjeux sur lesquels ils doivent se prononcer, qui ont un impact sur le bien-être de leurs concitoyens, se complexifient, a expliqué Rémi Pelletier, coordonnateur de la Corporation de développement communautaire du Haut-Saint-Laurent, lors de l’annonce officielle du programme « Je tisse des liens prospères » début novembre à Huntingdon. Il semblerait que nos dirigeants oublient que les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans la réalisation de la mission de l’État et de celle des municipalités en participant au bien-être collectif. On s’est demandé comment on pouvait leur être utiles et c’est comme ça qu’est née l’idée de créer ce programme de codéveloppement pour les élus. »

CDC Je tisse des liens

 

 

 

 

 

 

 

 

La bonne trentaine d’élus du Haut-Saint-Laurent sont donc conviés le 22 février prochain à Huntingdon à une démarche de réflexion avec des représentants du milieu communautaire sur la création éventuelle d’un groupe de soutien et d’entraide à leur intention. « On ne veut pas forcer les élus à entrer dans un cadre trop étroit, a expliqué Serge Séguin, directeur de la CDC des Jardins-de-Napierville, mais seulement mieux correspondre à la réalité sur le terrain et vice-versa. Souvent, les élus pensent connaître les organismes communautaires mais en fait, ils n’en connaissent que deux ou trois dans leur propre municipalité. Le milieu communautaire n’est pas ici en mode contestation, il est en mode solution! »

Le 22 février, les élus pourront exprimer leurs besoins et échanger sur les enjeux auxquels sont confrontées leurs communautés. Le soutien du milieu communautaire à cette réflexion, qui vise essentiellement à contribuer au développement des communautés en soutenant les élus, pourrait prendre diverses formes : intervention d’acteurs locaux pertinents, études de cas afin d’approfondir des exemples de situations épineuses, rencontres individuelles ou même parrainage… « Comme chacun a ses propres objectifs et doit tenir compte de la réalité locale, les moyens privilégiés devront évidemment s’ajuster », a ajouté Rémi Pelletier, devant un auditoire composé d’une cinquantaine de représentants d’organismes communautaires.

Pour Yannick Huet, coordonnateur de l’Association pour la défense des droits Huntingdon, il s’agit d’un bon moyen de participer aux prises de décision. « La population se sent de plus en plus loin des élus, a-t-il affirmé, et il importe de recréer ce lien de confiance qui semble rompu. Une telle participation citoyenne, qui ne voit pas l’État comme un simple décideur, mais offre des outils aux élus est en mesure de contrer le cynisme des citoyens et de stimuler l’innovation. »

Un brin dubitatif, Alain Castagner, préfet de la MRC du Haut-Saint-Laurent, a avoué ne pas trop savoir que penser du nouveau programme. « Ça part d’une bonne intention et je vois ça d’un bon œil, a-t-il dit. Mon seul reproche, c’est qu’on ne vous voit jamais aux assemblées municipales et c’est pour ça que les élus n’ont guère de contacts avec les gens que vous représentez. Vous avez un bout de chemin à faire. La rencontre du 22  février, c’est peut-être une bonne façon de tisser des liens… »

André Lachance

Correspondant bénévole du Haut-Saint-Laurent

 

 

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