Les amoureux du livre goûtent au «buffet numérique» de la Petite bibliothèque verte

Tablettes et liseuses numériques n’ont maintenant plus de secret pour les amoureux du livre dans le Haut-Saint-Laurent. À l’occasion de la Semaine des bibliothèques publiques du Québec, la Petite bibliothèque verte de Huntingdon a en effet convié ces derniers à un  »buffet numérique » au cours duquel ils ont pu goûter aux plaisirs et avantages de la lecture numérique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bénévole Daniel Pomminville donne un coup de main à Connie Wilson, une abonnée de la Petite bibliothèque verte. 

 

«Le but est de familiariser les gens avec les différents modèles de tablettes et de liseuses numériques, explique Louise Charlebois, présidente du conseil d’administration de la Petite bibliothèque verte, rue Lorne, à Huntingdon. En plus de lancer notre nouvelle collection de livres numériques, on profite de l’événement pour familiariser nos nombreux bénévoles au prêt numérique. On songe aussi aux moyens de rendre les livres numériques accessibles aux citoyens de la région qui n’ont pas accès à une bibliothèque dans leur municipalité, comme c’est le cas à Dundee, Howick, Franklin ou Saint-Chrysostome. Plusieurs peuvent difficilement faire une demi-heure d’auto pour venir prendre des livres ici. Le livre numérique offre donc une alternative intéressante…»

Chose certaine, la bonne dizaine de bibliophiles qui se pressaient dans les spacieux locaux de la Petite bibliothèque verte en ce beau samedi après-midi de fin octobre ont grandement apprécié l’expérience. «J’ai beaucoup aimé l’activité, affirme Marie-Andrée Nadeau, une abonnée de la bibliothèque. J’ai enfin pu me familiariser avec les différents modèles de livres électroniques. On m’a montré comment m’en servir, comment ajuster la luminosité de l’écran, comment grossir les caractères, etc. Oui, vraiment, je suis très contente!» Une autre abonnée avoue qu’elle avait un peu peur d’utiliser une tablette. «Mais plus maintenant, dit-elle. Les conseils de Daniel Pomminville, le responsable du service informatique, m’ont été très utiles!»

Du miel aux oreilles d’Élaine Sirois, bibliothécaire. « Un beau succès, dit-elle, tout en lorgnant la table où sont étalées liseuses et tablettes Sony, Kobo, Samsung et autres iPad. Des gens qui connaissaient vraiment peu de choses des tablettes et des liseuses numériques sont venus faire un bout d’essai et sont repartis enchantés par l’expérience. Il faut comprendre que certains sont intimidés par ces appareils. Un événement gratuit et ouvert à tous comme celui-ci est de nature à démystifier ces nouvelles technologies de lecture.»

À l’heure actuelle, la collection de livres numériques ne compte qu’une cinquantaine de titres, pour l’essentiel en français. La Petite bibliothèque verte entend doubler son offre numérique d’ici les Fêtes, puis augmenter son catalogue chaque année par la suite. Une entente a été conclue avec Archambault, dont la plate-forme numérique est gratuite. Côté anglophone cependant, les choses sont moins roses… «On essaie d’augmenter notre offre de livres numériques en anglais mais on se heurte à une question de coût, soupire Louise Charlebois. Il nous en coûterait pas moins de 4000 $ annuellement, somme que la bibliothèque – qui fonctionne essentiellement grâce à des bénévoles – est incapable d’assumer.»

La Petite bibliothèque verte envisage de prêter quelques liseuses à ses abonnés. «Mais on en est encore au stade de l’essai-erreur quant à la clientèle numérique, ajoute Mme Charlebois, qui se dit incapable d’en chiffrer l’importance, du moins pour le moment. Il faut savoir que les gens qui achètent des tablettes numériques ont souvent plus de 65 ans et plusieurs expriment le souhait d’avoir de l’aide pour s’en servir. D’ailleurs, certains ont même apporté leur appareil afin d’en connaître mieux les possibilités. Tous les vendredis, on tient aussi une séance d’aide à l’informatique, en anglais et sur rendez-vous, qui ne coûte que 5 $. On essaie de faire en sorte que la Petite bibliothèque verte réponde aux besoins de la communauté. Pour ce faire, le numérique est incontournable!»

Dans une région où les gens lisent peu et empruntent moins de livres que la moyenne québécoise, l’attrait du numérique pourrait peut-être changer les choses, surtout auprès des jeunes férus de technologie. Et si l’on se fie aux premiers titres numériques empruntés, le polar made in Quebec a un bel avenir dans le Haut-Saint-Laurent : en ce 24 octobre, jour de lancement officiel de la collection numérique, les abonnés de la Petite bibliothèque verte se sont en effet rués sur Six minutes de Chrystine Brouillet et Le venin japonais de Steeve Lapointe, deux auteurs québécois. Comme dirait l’autre, «Élémentaire, mon cher Watson!»

 

André Lachance

Les Correspondants bénévoles du Haut-Saint-Laurent

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