Les bénévoles du Haut-Saint-Laurent réfléchissent à leur avenir

Le bénévolat en 2020 : pourquoi? Pour qui? Et surtout, comment? Ces questions ont été au centre des deux journées de réflexion organisées par Vision Bénévolat du Haut-Saint-Laurent les 1er et 8 octobre derniers à Huntingdon. Une occasion en or de dresser un état des lieux du bénévolat d’aujourd’hui et d’aller vers celui de demain!
« Le bénévolat fait partie de la nature humaine, a précisé d’emblée Sylvie Racette, coordonnatrice de Vision Bénévolat, aux  responsables d’organismes bénévoles de la région réunis à la salle Alfred-Langevin de Huntingdon. Nos villages se sont construits en bonne partie sur l’entraide et le bénévolat, il ne faut pas l’oublier! »

Portée par la MRC du Haut-Saint-Laurent,  la démarche de Vision Bénévolat entend mettre l’action bénévole citoyenne « au cœur de toutes les actions » de la région. Concrètement, cela signifie soutenir les bénévoles et identifier les besoins multiples des quelque 22 000 citoyens du territoire, mais également renforcer la capacité des organisations communautaires et municipales à mobiliser leurs bénévoles. Lancé en 2010, Vision Bénévolat est aujourd’hui à un moment charnière de son existence et cherche à identifier les voies qu’il devra emprunter à l’avenir.

Ces deux journées de réflexion – auxquelles ont participé une bonne vingtaine d’organismes sociaux et communautaires ainsi que les municipalités de Saint-Chrysostome et de Saint-Anicet – ont donné lieu à des échanges particulièrement éclairants ayant pour but de poser les jalons du bénévolat souhaité pour demain. Seule ombre au tableau, l’absence remarquée des organismes anglophones et de plusieurs municipalités, dont celles de Huntingdon et d’Ormstown… Néanmoins, l’objectif de concertation a été atteint, ces deux journées ayant permis de rassembler les principaux acteurs du bénévolat dans le Haut-Saint-Laurent afin d’en arriver à une vision commune du bénévolat pour 2020.

Mais avant de savoir où l’on s’en va, encore est-il nécessaire de savoir d’où nous venons. Tel était justement le thème de la première journée. Sous forme ludique et interactive, les ateliers poursuivaient un but unique : faire émerger la forme actuelle du bénévolat et savoir si, au final, l’ensemble des participants partage le même constat. Les participants se sont prêtés au jeu – avec un talent d’acteur évident – de se projeter dans le futur en présentant sous forme d’un journal télévisé ce à quoi ressemblera le bénévolat dans le Haut-Saint-Laurent dans cinq ans.

On voulait notamment déterminer quel type de « véhicule » serait le plus adapté pour 2020. À cet égard, le bénévolat rêvé devrait aussi être mobilisateur, rassembleur, branché sur sa communauté et ses besoins, diffuseur, flexible, facilitateur… Un terme est également revenu à plusieurs reprises tout au long des deux journées : l’idée d’être à l’interface, à savoir qu’une structure telle que Vision Bénévolat puisse se positionner entre les besoins des organismes du milieu et les bénévoles présents.

Car la tendance au désengagement de l’État quant aux enjeux sociaux, particulièrement à l’échelle locale, incite encore plus les gouvernements locaux à faire preuve d’innovation et à se prendre en main pour leur avenir. Déjà, selon le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, plus de deux millions de Québécois/es consacrent chaque année près de 310 millions d’heures à faire du bénévolat….

À lui seul, Jean-Guy Saint-Onge, responsable des Services d’accompagnement bénévole et communautaire (SABEC), estime faire économiser annuellement 740 000 $ à l’État, un argument qui a fait mouche quand il a approché le ministre de la Santé Gaétan Barette, qui lui a finalement versé une subvention de… 5000 $!

Mais est-ce pour autant aux bénévoles de se substituer à l’État, au risque de devenir du « cheap labor » ? Sûrement pas. Il est rassurant de voir que ce questionnement sur l’avenir du bénévolat dans le Haut-Saint-Laurent s’articule, plus largement, dans un moment de redéfinition de la gouvernance régionale, la MRC travaillant actuellement sur un plan de développement social et de relance économique pour la région.

À n’en pas douter, le succès des projets développés dans le Haut-Saint-Laurent passe par une capacité à travailler en « interface » – pour reprendre l’un des termes clés du forum de Vision Bénévolat – pour les acteurs publics et communautaires. Vivement 2020 !

 

Clément Costanza

Correspondant bénévole du Haut-Saint-Laurent

 

 

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