Le petit paradis méconnu de Cazaville

Peu de gens y prêtent attention lorsqu’ils empruntent le chemin de la rivière La Guerre, tout près de Cazaville. Dommage car ils passent ainsi à deux doigts d’un véritable petit paradis, bien terrestre celui-là, un éden végétal créé de toutes pièces par un biologiste peu conventionnel qui a su marier avec bonheur nature et expérimentations sur le terrain.

«Faites un pas vers la nature et celle-ci va en faire dix vers vous», se plaît à répéter le biologiste Stefan Sobkowiak qui, ayant acheté un verger conventionnel en 1992 qu’il a transformé en verger bio quelques années plus tard, a finalement fait table rase pour se lancer dans une expérience alors peu usitée en 2004: la permaculture.

Il s’agit d’une méthode globale qui s’inspire de l’écologie naturelle et qui prend en compte la biodiversité de chaque écosystème. Elle a pour but une production agricole durable, très économe en énergie – tant en carburant qu’en travail manuel et mécanique – et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature dite sauvage le maximum de place.

«Mes confrères biologistes n’ont souvent d’autre choix que de travailler sur le déclin de la faune, explique le fondateur des Fermes Miracle Farms tout en montrant les rangées impeccables d’arbres fruitiers qui s’étalent sur 5 des 12 acres de sa propriété, située tout près d’une ancienne carrière inondée. Pour moi, il fallait vite sortir du bureau pour aller dans la nature et voir ce qu’on pouvait faire pour améliorer les choses.»

Mission accomplie! Il n’y a pas deux arbres semblables qui se suivent dans son verger de Cazaville, où alternent allègrement les nombreux cultivars de pommiers, pruniers, cerisiers, poiriers qui poussent entre fleurs comestibles, fines herbes, petits fruits de toutes sortes, etc. Le tout, dans un sympathique concert de bourdons, hirondelles, poules et canards. Tous, plantes et animaux collaborent à produire des fruits délicieux et sains sans qu’on ait à trop intervenir.

Stefan Sobkowiak insiste pour nous faire goûter une belle prune juteuse et une poire avec ce petit goût acidulé qui racle un peu la langue. Pendant ce temps, à nos pieds, les poules dégustent avec avidité les fruits tombés par terre et contribuent en même temps à nettoyer et à enrichir le sol. Le chien, lui, tient dans sa gueule un œuf qu’il apporte à son maître, l’œil brillant, avec une infinie délicatesse…

«On le fait avec amour, mais il faut néanmoins que les arbres produisent, d’ajouter le biologiste. Copier la nature, c’est bon, si tu sais ce que tu copies. Nous faisons aussi régulièrement la taille des arbres pour que le soleil puisse pénétrer et plantons des féviers pour fixer l’azote dans le sol. L’irrigation ainsi que l’arrosage avec des produits naturels sont importants. Nous avons installé 300 nichoirs car les oiseaux bouffent beaucoup d’insectes nuisibles, ce qui nous aide énormément.»

Dans ce  »verger épicerie » comme se plaît à le qualifier son propriétaire, les membres (l’inscription coûte 60$ pour l’année, voir le site web des Fermes Miracles: http://miracle.farm) font de l’auto-cueillette trois ou quatre fois pendant la saison. «Mais ils viennent surtout pour l’ambiance, précise le biologiste qui a enseigné de nombreuses années à l’université McGill. Ils aiment marcher dans les allées car toute cette biodiversité, c’est inspirant!»

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Lise Guinard, photographe

image_print

Une Réponse à "Le petit paradis méconnu de Cazaville"

  1. Marcel   28 août 2017 at 13 h 02 min

    Excellent texte qui nous permet de saisir rapidement et facilement la démarche du producteur. Bravo!

    Répondre

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Montrez nous que vous êtes humain! *