Quand cela finira-t-il?

Daniel, un jeune de 15 ans, se promène avec ses amis lorsque l’un d’eux lui adresse un «Hey le gay!» tonitruant. Humilié intérieurement, Daniel ne réplique pas… Depuis, tout le monde l’appelle «le gay», d’un ton pas toujours méprisant mais souvent lancé avec un sourire moqueur.

Ce n’est pas que Daniel est homophobe – en fait, il est hétérosexuel – mais cette appellation utilisée avec un brin de méchanceté lui fait très mal. Chaque jour après l’école, il se pose cette lancinante question : «Pourquoi moi?»

Ce jeune est loin d’être le seul à se faire intimider. Selon l’Institut de recherche en santé du Canada, un adolescent sur trois raconte avoir déjà été victime d’intimidation au pays. Toutes les études le confirment, le problème est directement lié à une manque d’estime de soi de la part de… l’intimidateur. Déficit d’estime qui, ironiquement, provoque de son côté un affaiblissement de l’estime de soi chez la victime.

C’est que l’intimidation, même seulement psychologique, peut tuer. Ou du moins sérieusement amocher quelqu’un pour la vie… L’expression anglaise «Sticks and stones may break my bones, but words will never hurt me» 1 sonne bien mais est complètement… fausse! Je le répète, les mots ont la capacité de tuer. D’abord, on lance une méchanceté pour plaisanter, puis cela devient de la malice, ensuite on passe à la violence, etc. Souvent, la dépression entre en scène, pour aboutir parfois au suicide. Bien sûr, on parle ici du pire des cas. Mais chose certaine, l’intimidation fait mal.

De l’intimidation, physique ou psychologique, il y en a partout dans nos sociétés. Et même dans notre école. Qui n’a jamais vu un élève en intimider un autre? Bien sûr, personne ne se vantera d’être un intimidateur, ni d’avoir été intimidé.

Il y a un personnage que nous n’avons pas mentionné, mais qui peut jouer un rôle majeur dans ces situations: c’est le témoin. Vous voyez quelqu’un en pousser un autre par terre. Qu’est-ce que vous devriez faire? Surtout si l’intimidateur vous fait peur, même si il ou elle est très populaire auprès de vos camarades de classe et que vos amis vous disent de ne pas intervenir juste pour «garder ta tête», dénoncez le! En fait, il y a un million de façon de dénoncer l’intimidation. Vous n’êtes pas obligés de passer à la télévision… Chose certaine, la victime de cette forme ignoble de violence vous en sera reconnaissante toute sa vie…

On peut faire quelque chose. À l’école Arthur-Pigeon, il existe déjà une excellente équipe d’intervenants qui font tout ce qu’ils peuvent pour régler le problème une fois pour toutes. En plus, des élèves sont en train de mettre sur pied Élève à la deux, un mouvement ayant pour but de combattre l’intimidation. Il s’agit d’un groupe d’étudiants de tous les niveaux du secondaire qui entendent assurer la liaison entre les élèves victimes d’intimidation et les intervenants de l’école. Une mesure de nature à améliorer le sentiment d’appartenance de tous, intimidés ou pas, à leur milieu scolaire.

Alors, si vous craignez de dénoncer vous-même un intimidateur, allez les voir! C’est d’autant plus facile qu’ils sont des élèves comme vous!

Nous sommes en 2017, intimider les autres pour se sentir mieux dans sa peau n’est plus une excuse…

Sonia Thykootathil

1 «Des bâtons et des roches peuvent briser mes os, mais des mots me feront jamais mal.»

Sonia participe à l’écolier d’écriture journalistique de l’école Arthur-Pigeon d’Huntingdon.