Saint-Anicet fait l’objet d’une enquête

Saint-Anicet fait l’objet d’une enquête de nature administrative de la part du ministère des Affaires municipales et Occupation du territoire (Mamrot).

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« La municipalité de Saint-Anicet est bien sous enquête, confirme Daniel Joseph Chapdelaine, du Bureau du commissaire aux plaintes du Mamrot.  Les plaintes reçues concernant la municipalité de Saint-Anicet ont été reconnues comme admissibles et l’enquête suit son cours. Ces plaintes sont cependant confidentielles. »

De nature uniquement administrative, ces plaintes ne seraient pas étrangères au bras de fer qui oppose le conseil aux syndicat des employés et à certains élus… Chose certaine, elles ne concernent pas un contrat de marquage routier récemment accordé au plus haut soumissionnaire, ce qui est légal en regard de la Loi  puisque le montant était inférieur à 25 000$.

Lors de l’assemblée du conseil, le 6 septembre dernier, les conseillers Jean Roblain, Alain Fournier et Marius Trépanier ont en effet refusé de voter en faveur d’une résolution acceptant rétroactivement la soumission présentée par une entreprise de marquage routier alors que les travaux avaient déjà été réalisés. Les trois conseillers ont alors déclaré ne pas vouloir se mettre dans l’illégalité en adoptant une telle résolution puisque la soumission de l’entrepreneur – la firme Lignco Sigma Inc. de Bécancour ayant déjà réalisé le marquage en août – n’avait pas été acceptée et dûment votée par le conseil.

Le contrat a été accordé à Lignco Sigma Inc. malgré le fait que l’entreprise ait présenté la plus haute soumission pour l’exécution du marquage, soit 20 880$. Deux autres compagnies spécialisées dans le marquage routier avaient pourtant présenté des soumissions plus basses, soit 15 044$ et 16 090$… Selon le Registre des entreprises du Québec, l’actionnaire majoritaire de Lingco Sigma Inc. est la compagnie Sintra, à laquelle la Ville de Montréal réclame le remboursement de plus de 16 millions de dollars pour avoir fait partie, selon elle, d’un cartel qui truquait les appels d’offres.

Le maire Alain Castagner affirme que Lignco Sigma Inc. garantissait que la peinture ne s’effacerait pas avant 2 ans, ce qui explique, selon lui, le choix du soumissionnaire. « Le travail de marquage routier pressait, il fallait agir avant l’automne, a-t-il affirmé alors que des murmures fusaient dans la salle, plusieurs citoyens se demandant pourquoi on n’avait pas prévu d’aller en soumission plus tôt…

Une résidente du secteur Cazaville s’est aussi plainte du marquage réalisé par Lignco Sigma Inc. dans la Montée Cazaville, marquage qui, selon elle, pourrait mettre en danger la sécurité des enfants. « On aurait dû marquer le chemin de la Montée Cazaville d’une ligne continue dans le village et non avec une ligne pointillée dans la zone de 50 km/h», a-t-elle dit, son conjoint opinant du chef.

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L’examen par le conseil d’autres soumissions – celles-ci concernant cette fois une évaluation environnementale – a été reporté afin qu’elles puissent être étudiées plus à fond. « Il est fort possible que l’Hôtel de Ville et le garage municipal aient été construits sur un site contaminé, a alors révélé le maire Castagner. Ces soumissions concernent des travaux de carottage pour évaluer la contamination du sous-sol de ces immeubles.»

Un avis de motion a également été donné pour un règlement d’emprunt en vue de l’acquisition d’un fourgon de secours pour les pompiers. Le maire évalue le coût du camion à quelque 300 000 $…

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À la période des questions, André Leblanc, le président du Syndicat des employés municipaux, a remis en cause le montant facturé par l’avocat négociant pour le compte de la municipalité, une somme qui dépasserait les 25 000$ à l’heure actuelle. « Les discussions sont longues pour s’entendre avec le syndicat et ça prendra le temps que ça prendra pour régler la convention », a alors rétorqué le maire.

 

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Lise Guinard, photographe

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