Les Solidaires consultent les agriculteurs

Une bonne trentaine d’agriculteurs et de membres de Québec solidaire de la circonscription de Huntingdon ont participé récemment à deux rencontres publiques ayant pour but d’aider la formation indépendantiste à se doter d’une politique qui reflète réellement les préoccupations du monde agricole québécois.

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Baptisées «Cercles citoyens», les deux rencontres, qui se sont tenues fin mars à une semaine d’intervalle à Saint-Cyprien-de-Napierville et à Ormstown, ont permis aux agriculteurs de traiter en détail des questions qui les préoccupent. «Comme la Montérégie compte pour un bon 25% de la valeur de la production agricole et qu’une part importante des légumes et des fruits que consomment les Québécois vient de notre circonscription, on trouve important d’avoir le point de vue des agriculteurs d’ici», explique Gérard Séguin, coordonnateur de Québec solidaire Huntingdon et lui-même résident de Sherrington, au cœur de la plus importante zone de production maraîchère du Québec. Les suggestions des agriculteurs colligées pendant les dits Cercles citoyens aideront à orienter les Solidaires, dont les trois représentants à l’Assemblée nationale viennent tous de l’île de Montréal, en matière d’agriculture et d’industrie agroalimentaire.

Le premier Cercle citoyen, tenu à Saint-Cyprien le 23 mars, a rassemblé divers producteurs agricoles – maraîcher, producteur laitier, horticulteur, céréalier, etc. – qui ont fait part de leurs réalités et de leurs inquiétudes et espoirs quant à l’avenir. Sous le thème «Soutien à la qualité de vie, à la relève et à la diversification», les participants ont abordé des questions aussi complexes que la dévitalisation du milieu rural, les divers modèles d’entreprises agricoles, l’accaparement des terres, la relève agricole, les travailleurs étrangers, la hausse de la valeur foncière et des taxes municipales, la gestion de l’offre, la place de l’Union des producteurs agricoles, etc.

Prenant pour thème «Revitaliser l’agriculture du terroir, locale et diversifiée», le second Cercle citoyen, tenu le 30 mars dans un populaire café d’Ormstown, a été l’occasion pour la quinzaine de producteurs et de sympathisants présents d’échanger sur le soutien à apporter aux produits du terroir, la valorisation des produits locaux, les réseaux de distribution de proximité, l’agroenvironnement, les marchés publics, les avantages comparatifs du Haut-Saint-Laurent en matière de production agricole, etc.

Photo Michel Dubé

Sylvain Gascon, un producteur de Saint-Anicet admiré pour son dynamisme, en a impressionné plus d’un par sa connaissance des enjeux de l’agriculture dans le Haut-Saint-Laurent. Il s’est notamment dit inquiet pour les jeunes agriculteurs qui doivent dès le départ assumer une grosse dette et dont beaucoup doivent baisser les bras après quelques années. Il a mis aussi en garde certains militants qui considèrent l’UPA comme un monopole déphasé et a rappelé les choses positives que celle-ci a faites – et continue de faire – pour les producteurs québécois. «Dans l’ouest du pays, on nous envie des organismes comme l’UPA. Mais ici, on chiale !», a-t-il dit, ajoutant que c’est en participant aux diverses activités et en faisant connaître son point de vue qu’on peut, ensemble, faire bouger les choses.

 

André Lachance, correspondant bénévole du Haut-Saint-Laurent

Photos : Michel Dubé

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