Un bal pour tous?

Janie, finissante du secondaire, part à la recherche de la robe parfaite pour son bal de fin d’année. Après avoir «fait» plusieurs magasins accompagnée de ses parents, on se rend rapidement compte que les coûts de la robe, des souliers et des bijoux atteignent des sommets. Les parents, un peu tristes, constatent qu’ils ne sont pas en mesure d’offrir tout ces artifices à leur fille.

La scène se répète des milliers de fois chaque année partout au Québec lorsque la frénésie du bal de fin d’année s’empare des finissants et finissantes de nos écoles secondaires. D’année en année, les frais reliés aux bals de fin d’année augmentent. Le montant total incluant la robe, les souliers, le maquillage, la manucure, les bijoux et le billet de bal lui-même est exorbitant. Il n’est pas rare que la somme en jeu atteigne le millier de dollars…

Chose certaine, le besoin bien humain de sortir du lot pousse bien des jeunes à dépenser des sommes considérables – qu’ils n’ont souvent pas – pour quelques heures inoubliables.

Mais d’où vient l’idée de bals aussi extravagants? En fait, le bal de fin d’année tel que nous le connaissons aujourd’hui nous vient de la culture américaine. Aux États-Unis, la fin du secondaire est une étape très importante de la vie des étudiants, il est donc essentiel pour eux de célébrer cela en grand.

Certains avouent se sentir obligés de faire tout cela à cause de la pression sociale et du besoin de faire partie du groupe. « Tout le monde est nerveux et veut passer une soirée parfaite, affirme Angélique Côté-Yelle, finissante à l’école secondaire Arthur-Pigeon. Toutes les filles se comparent, on sent la compétition et le besoin d’être différent des autres.»

Ces dépenses ne font pas l’unanimité dans nos écoles secondaire. Certains élèves qualifient ces sommes de démesurées et d’inutiles. Ceux-ci souhaiteraient un bal plus modeste, pour simplement célébrer la fin d’une belle étape de leur vie avec leurs amis. Pour d’autres, dont les parents sont moins nantis, tout cet argent dépensé en pures futilités se traduit trop souvent en humiliations muettes.

Chose certaine, le bal de fin d’année est un phénomène grandissant dans nos écoles qui engendre des dépenses que tous ne peuvent assumer. Bien sûr, celui-ci est un bel événement qui permet à tous les étudiants de célébrer le résultat de leurs efforts et de passer de beaux moment avec leurs confrères et consœurs. Mais encore faut-il que cela ne se fasse pas au détriment des plus démunis…

Justine Gauthier

Justine participe à l’atelier d’écriture journalistique de l’école secondaire Arthur-Pigeon de Huntingdon.

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