Où va le contenu de nos bacs de recyclage?

Nous voici donc au Centre de tri à Châteauguay, en compagnie de Émilie Escafit, coordonnatrice de la gestion des matières résiduelles de la MRC du Haut-Saint-Laurent et de trois citoyennes qui, toutes, veulent voir ce qu’il advient de ce que l’on met dans nos bacs de recyclage.

Nous sommes accueillies par le beau sourire de Josée Bachand, la gérante du Centre de tri rebuts solides canadiens. Cette dernière nous fournit des dossards de sécurité et vérifie si nous portons de bons souliers car aussitôt franchie la porte de l’usine, il y a des petits morceaux de verre un peu partout sur le plancher.

Dans l’usine, 200 tonnes de matières recyclables sont apportées chaque jour par les camions des municipalités environnantes. Un homme avec son tracteur s’affaire à pousser toujours plus haut une montagne de papier, de carton et de plastique. Ces matières se retrouveront plus tard sur un long convoyeur. Le verre et le métal sont les seuls matériaux à être triés automatiquement par une machine, la grande majorité des matières recyclable le seront à la main. Une cinquantaine de personnes sont attitrées au tri et travaillent par rotation afin de faciliter leur tâche. Le convoyeur ne semble jamais s’arrêter: on peut y voir pèle-mêle, un peu écrasé, un peu sali, tout ce que vous avez déposé la veille dans votre bac.

Debout de chaque côté du convoyeur – l’œil exercé et la main rapide –, les préposés au tri en sortent plastiques, cartons et autres matières et les déposent dans différents conteneurs placés tout près. De 7 à 8% des matières qui se trouvent sur le convoyeur ne sont pas recyclables et devront être envoyées au site d’enfouissement.

«Tout ce qui ne ressemble pas à un contenant, ce sont des ordures pour nous», explique la directrice du Centre de tri, qui conseille de rincer légèrement les contenants avant de les mettre dans le bac de recyclage. « Notre principal problème au centre de tri a trait à la nourriture qui contamine les contenants. Cela nous aide beaucoup lorsque les gens les rincent avant de les mettre dans leur bac.»

Regrouper les sacs de plastique dans un même sac s’avère une bonne idée, quoiqu’il faut alors s’abstenir d’y faire un nœud. Le papier ciré, le polystyrène et autres styromousses ne sont pas recyclables, ainsi que les plastiques no 6, de même que ceux qui sont très minces et font «crouch crouch» quand on les froisse. Les emballages composés de différents matériaux ne sont pas non plus recyclables. Les contenants en métal, tout comme les casseroles et les petits récipients, sont recyclables. «Mais pas les moteurs», d’ajouter en riant la directrice.

Comme il n’y a pas eu de tri à la source, le papier récolté est considéré de deuxième qualité. Il sera mis en ballots et expédié en Chine car il est refusé par nos papetières. Toutefois, il y a un bon marché local pour les plastiques, le carton, le verre et le métal, qui seront transformés pour entrer dans la composition de bacs à fleur, matériaux isolants, asphalte , outils et autres.

Prenons le temps de récupérer plus et mieux! Soyons aussi concernés par la santé des travailleurs qui font le tri. Pour leur sécurité, inutile de rappeler que couches et seringues ne devraient en aucun temps être mises dans le bac de recyclage. Et puis, dernier petit geste qu’on nous suggère: vider le «publisac» et remettre son contenu dans le bac, ce qui leur fera une opération en moins.

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Lise Guinard, photographe

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