Les victimes de l’apparence

Les jeunes sont constamment sous contrainte par rapport à la mode. Pour certains, il est impensable d’aller à l’école sans porter des vêtements de la tendance du moment. Pour d’autres, impossible de se montrer devant ses amis sans afficher le dernier téléphone intelligent, sans parler de la nouvelle voiture de ses parents ou des vacances dans le Sud.

Chose certaine, beaucoup de jeunes ont comme valeur le bien paraître. On veut tous avoir l’air cool, faire partie du groupe, être dans le coup. Dans certaines sociétés, les gens ne se sont jamais particulièrement souciés de leur apparence, mettant surtout l’accent sur leur personnalité. Mais on est bien loin de cela en 2017 alors que pratiquement toutes nos vies sont basées sur l’apparence.

La publicité est la grande responsable. Celle-ci fait en sorte que les gens se créent leurs propres critères de beauté. Si tu es ronde, tu n’es pas belle… Si tu as un peu d’acné, tu n’es pas belle, etc. La vérité, c’est que tout le monde est beau ou belle! Bien souvent, les gens veulent ressembler aux mannequins qu’ils voient à la télé ou dans les magazines de mode. On ne se le cachera pas, les mannequins dans les pubs sont toujours arrangés pour paraître parfaits et parfaites.

En principe, les gens devraient vouloir se différencier les uns des autres, avoir leur propre style, leur propre mode de vie. Ironiquement, on remarque que les jeunes qui sont toujours en groupe ont tendance à tous avoir le même style vestimentaire. C’est que les amis sont une grande source de pression et dictent en quelque sorte l’apparence que nous choisissons d’avoir.

« Je ne porterais jamais des vêtements que mes amis seraient susceptibles de trouver ridicules ou passés de mode, dit un élève de 4e secondaire. J’aurais trop peur qu’ils se moquent de moi. » Il n’est pas le seul à craindre le jugement des autres. « Il m’est arrivé d’apporter mon vieux Iphone 2 à l’école et j’ai fait rire de moi », se rappelle Éric, encore un soupçon de honte dans la voix.

Pour les parents, cette course effrénée au paraître est source de beaucoup de problèmes. « J’aimerais bien être capable d’acheter le dernier Iphone 7 pour ma fille, mais à 800$, j’en suis tout simplement incapable », dit Sylvie une mère de 3 filles, dont deux fréquentent l’école secondaire.

C’est bien connu, l’argent ne fait pas le bonheur. N’empêche que beaucoup de jeunes craignent le jugement des autres par peur d’être humiliés ou intimidés. Une chose est sûre, cette triste réalité semble de plus en plus présente dans notre société. La pression du groupe écrase parfois l’individu et les signes apparents de richesse – vêtements, ordinateurs, cellulaires, etc. – en font trop souvent une victime, certes consentante, mais victime néanmoins. Et vous, êtes-vous une victime?

Camille Paquin-Herchel

Camille participe à l’atelier d’écriture journalistique de l’école secondaire Arthur-Pigeon de Huntingdon.

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