« Y en n’a plus d’argent, réveillez-vous! »

C’est le cri du cœur de Lise Guinard,  une retraitée de Saint-Anicet qui trouve que ses taxes municipales augmentent trop rapidement. « L’augmentation a été de 14 % cette année et elle sera de combien l’an prochain?, demande-t-elle. Avec des placements qui me rapportent au plus 2 % par année, je suis en déficit, tout comme ma municipalité. »

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Depuis plus d’un an, les employés municipaux de Saint-Anicet pressent les conseillers et le maire de régler leur convention collective. Pourtant, les employés municipaux ont, dans l’ensemble, une rémunération de 39,5 % supérieure à celle de la fonction publique québécoise. À Saint-Anicet, en 2014, la masse salariale de la municipalité était de 980 000 $. En 2016, elle dépassera 1 300 000 $. Une augmentation de plus de 35% en deux ans… Tout cela sans amélioration apparente des services.

Le problème, c’est que les services municipaux de Saint-Anicet sont régis en grande partie par une convention collective qui rend impossible toute flexibilité.  L’emploi d’employés temporaires et le simple bénévolat sont perçus par les syndiqués comme une menace de perte de revenu et prétextes à de nombreux griefs. Même le maire y perd ses moyens.

Comment apporter un peu d’air frais dans les services de la municipalité tout en faisant en sorte que cela coûte moins cher aux contribuables? Une façon d’y parvenir serait de faire appel à des bénévoles pour certaines activités.  On pourrait s’inspirer de la Petite bibliothèque verte à Huntingdon, opérée uniquement par des bénévoles. Cela ne l’empêche pas d’être très performante et innovatrice (projection de films, services mobiles, animations, etc.). Elle est même ouverte plus d’une vingtaine d’heures par semaine tandis que celle de Saint-Anicet n’est accessible au public que 17 heures et demie, tout en engendrant des coûts annuels importants.

Il faut comprendre que de plus en plus de retraités ont des compétences, de l’expérience et du temps libre dont ils peuvent faire bénéficier gratuitement leur communauté. Pourquoi ne pas innover, faire les choses différemment, utiliser davantage nos ressources au lieu de s’attacher les mains avec une convention collective cadenassée?

Dans le but de pallier à cette réalité, le gouvernement du Québec donne maintenant – avec son nouveau pacte fiscal – le pouvoir aux élus municipaux d’imposer les conditions de travail des employés. Nos élus mettront-ils enfin leur culotte?

 

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Photo de Lise Guinard

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2 Réponses à "« Y en n’a plus d’argent, réveillez-vous! »"

  1. Lise Guinard   29 avril 2016 at 8 h 47 min

    Je vais aux séances du conseil. Il ne semble pas y avoir une saine gestion en faveur des citoyens. Le fameux conseil est divisé en deux, ceux qui veulent des comptes et ceux qui suivent le courant. Des augmentations salariales que je n’ai jamais eu en 35 ans de carrière. J’étais syndiqué et je n’avais pas le quart du pouvoir que celui -ci a dans cette municipalité. Une masse salariale énorme avec des rendements qui ne sont pas au rendez-vous. J’ai constaté de multiples situations prouvant un certain laxisme. Une animosité entre gens qui devraient s’allier pour redresser la situation et profiter des expertises de chacun. Pour sûr, une meilleure participation du citoyen est de rigueur. Il faudra voir a brasser la baraque.

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  2. John Speed   28 avril 2016 at 14 h 26 min

    We moved to Saint Anicet in 2002 and since then our taxes have increased about 250%. In addition, les Taxes Scholaire have risen similarly. As I live on a very moderately indexed government pension, I have had to evaluate whether my finances will allow me to stay in this municipality. As Madame Guinard notes above, I too find myself in deficit, but I cannot simply ask my neigbours to give me more money as the municipality keeps doing. I think more of us need to speak up and help assure a solution to this situation. I would also like to hear from the employees as these facts put them in a rather bad light and they should have some opportunity to explain their side of this story. Many thanks to Denise St-Germain for this exposé.

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