Zones mal desservies par Internet : que décidera la MRC ?

La piètre couverture Internet dans certains secteurs du Haut-Saint-Laurent a suscité un débat intéressant mercredi, lors de l’assemblée mensuelle du Conseil de la MRC.

Les 12 maires présents devaient se prononcer sur l’opportunité d’accorder un contrat à l’une des trois firmes ayant présenté une soumission pour effectuer les démarches nécessaires afin que la MRC dépose des demandes de subvention auprès des gouvernements de Québec et d’Ottawa. Québec a annoncé qu’il investira dès cette année 100 millions de dollars pour améliorer la couverture Internet dans les régions rurales alors que le fédéral parle d’une somme de 500 millions pour l’ensemble du Canada au cours des 5 prochaines années.

Les propositions reçues à la MRC – faisant état de divers scénarios techniques, d’études sur la couverture Internet actuelle, etc. – allaient de 20 350,58$ dans le cas de Targo Communications Inc. à 22 995$  pour C3F Telecom et à 24 949,58$ pour Yves R. Hamel et Associés.

François Landreville, le directeur général de la MRC, a révélé que la société Bell Canada, qu’il avait pris la peine de contacter, n’avait pas jugé bon de soumissionner. « Les gens de Bell m’ont expliqué que nos chances d’obtenir une subvention étaient très faibles puisque notre territoire leur semble complètement couvert par les réseaux sans fil, a-t-il dit, expliquant qu’advenant le fait que la subvention soit accordée, il n’en coûterait finalement rien à la MRC. Mais évidemment, si notre demande n’est pas retenue, c’est autre chose… »

La maire Suzanne Yelle Blair de Franklin s’est néanmoins dite prête à prendre le risque, soulignant que de nombreux secteurs de sa municipalité étaient privés d’Internet ou que le service actuel était déficient. « Internet est aujourd’hui indispensable », a souligné l’un de ses collègues, donnant l’exemple des robots de traite dont s’équipent de plus en plus d’agriculteurs et qui doivent impérativement bénéficier d’une bonne bande passante pour fonctionner. Un autre a fait remarquer que la fibre optique était de plus en plus installée le long des grands axes, mais que les rangs de l’arrière-pays devaient se contenter de la portion congrue.

Un père de famille d’un secteur mal desservi du Haut-Saint-Laurent a par la suite exhorté les maires, dont plusieurs ont manifestement une faible connaissance du dossier, à bien s’informer avant de prendre une décision engageant l’avenir. Il a notamment fait valoir l’idée que Targo était à la fois juge et partie puisque, selon lui, ses recommandations quant au modèle technique devant être retenu avaient de fortes chances de la privilégier…

Finalement, les maires ont majoritairement décidé de remettre leur décision au 15 février, à l’occasion d’une assemblée spéciale, le temps de réfléchir plus à fond sur la question.

André Lachance

Les correspondants bénévoles du Haut-Saint-Laurent