Nouvelles

Et si l’avenir de l’agriculture, c’était le BIO?

Jeune trentenaire débordant d’énergie, Martin Hachez s’est lancé il y a trois ans dans la culture bio. Il vient d’ailleurs tout juste d’obtenir sa certification biologique en culture maraîchère et en production de grains sur les 210 acres qu’il cultive avec amour et acharnement à Saint-Anicet.

Martin se définit comme un entrepreneur réaliste qui, dit-il, «a pris le temps de faire ses devoirs». Il a d’abord étudié au niveau collégial en gestion d’une exploitation agricole – profil horticulture – puis a fait diversion pour travailler brièvement pour le Groupe Tremblay, une entreprise locale qui se spécialise dans la soudure. Toutefois, il est vite revenu à l’agriculture comme responsable des champs et de la mécanique pour Guy Caza, un producteur agricole voisin. «Je lui dois beaucoup, c’est avec lui que j’ai appris mon métier d’agriculteur» dit-il en parlant de son ancien employeur, avec qui il a travaillé pendant 8 ans. «Martin est un travailleur multidisciplinaire, ce qui est très apprécié sur une ferme», commente sobrement Guy Caza.

En février 2014, Martin se sent prêt à acquérir un fonds de terre bien à lui. Il achète alors un lot sur le chemin de la Rivière-La-Guerre à Saint-Anicet, terre qui appartenait à sa mère Brigitte Leduc et à Claude-Gilles Pilon. Toutefois, cela ne lui suffit pas. Il loue bientôt des terres laissées en jachère sur la Concession Quesnel, où il sèmera 10 acres de choux, y ajoutant 10 acres plantées en courges l’année suivante.

«La culture biologique, c’est d’abord un défi aux mauvaises herbes, explique le jeune producteur, car je n’utilise aucun herbicide dans mes champs.» Pour en venir à bout, il n’a pas hésité à sortir le vieux sarcleur mécanique et à piocher sur les contours des plants de légumes. Heureusement, il peut compter sur une vingtaine de travailleurs étrangers qui viennent à la rescousse pendant quelques jours durant l’été. «Car sinon, on n’y arriverait pas», ajoute-t-il. Pour contrôler les insectes, pas question évidemment d’utiliser des pesticides de synthèse. « On pulvérise plutôt du BT (Bacillus Thuringiensis), un insecticide organique sous la supervision d’un agronome spécialisé en culture biologique.» Et on se contente d’épandre du bon vieux fumier, comme engrais!

Lorsque arrive la récolte, les résultats sont à l’avenant: bons, sinon excellents. Cinq silos attendent les précieux grains de soya, de maïs et autres céréales. Pour les légumes, il faut en plus les laver et les mettre en caisse. La mise en marché ne pose cependant aucun problème: bien conscient de la qualité de ses légumes bio, un maraîcher de Saint-Isidore lui achète toute sa production…

«L’agriculture biologique, c’est plus de travail que l’agriculture conventionnelle, explique Martin Hachez, mais c’est rentable grâce aux consommateurs qui demandent de plus en plus d’aliments bio. Et si les épiceries ajoutaient un comptoir de légumes biologiques dits ”mornes”, dont l’apparence non standard n’enlève cependant rien à leur qualité nutritive, ça aiderait encore plus tout le secteur!»

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.