Le robot, meilleur ami de l’agriculteur… et de la vache

«Le robot, c’est une merveille qui a changé notre vie!», s’exclame Véronique Pelland, épouse de Jérôme Quesnel, producteur agricole à la ferme Monespoir Inc. à Saint-Anicet. « Plus de train à faire matin et soir, les vaches vont maintenant elles-même se faire traire par le robot, à l’heure qui leur convient.»

Leurs 50 vaches sont toutes munies d’une puce électronique dans le cou et circulent librement dans l’étable. Trois fois par jour, elles font la file devant le robot pour se faire traire. «Pour les éduquer au robot, il n’a fallu en moyenne que de 3 à 5 jours», dit Jérôme Quesnel, copropriétaire de la ferme. «Le système est muni de caméras et est relié 24 heures sur 24 à mon téléphone cellulaire. En tout temps, je sais ce qui se passe dans l’étable et je peux intervenir s’il y a lieu.»

À l’heure actuelle, le dixième des fermes laitières québécoises trait les vaches à l’aide d’un robot. «C’est tout un autre mode de vie sur la ferme, si je pense à la vie de mes ancêtres, ajoute Jérôme Quesnel. Je suis de la cinquième génération de producteurs agricoles sur cette ferme qui compte 100 hectares. Je suis très reconnaissant à mon père et à mon grand-père qui ont beaucoup travaillé afin que je puisse en arriver là.»

À la ferme Monespoir Inc., un second robot distribue la nourriture aux vaches. Pour le confort de ces dernières, une brosse est installée à leur portée pour qu’elles puissent se gratter le cou, ainsi qu’un bain pour nettoyer leurs sabots. Pour dormir, elles ont chacune une litière de paille confortable. Il y a un grand souci de propreté à l’étable, elle est nettoyée mécaniquement à des intervalles réguliers durant la journée.

Mais des vaches de 800 kilos, ça mange beaucoup. Aussi, dès le début de mai, le producteur s’affaire dans les champs pour semer blé, maïs, soya et luzerne. Signe des temps, son tracteur est équipé d’un GPS pour se déplacer à travers les grands espaces cultivables. Au cours des mois de juin, juillet, août et octobre, c’est le temps de réaliser les quatre coupes de foin. Après chaque coupe, on doit attendre 3 ou 4 jours de beau temps pour le sécher et enfin le ramasser.

Chose certaine, on ne chôme pas sur la ferme en août car c’est le temps de récolter le blé, en octobre le soya, enfin en novembre le maïs. En décembre, les silos seront pleins, on aura assez de céréales pour nourrir le troupeau qui s’enrichira de petits veaux au printemps.

En production laitière, il faut toujours penser à la relève de taures. Une vache commence à produire du lait à 2 ans et se tarit à l’âge moyen de 6 ans. Durant sa grossesse qui dure 305 jours, il faut retirer la vache de la production laitière les derniers 60 jours et reprendre la traite deux jours après la naissance de son veau.

L’agriculture, c’est avant tout, une affaire de famille. On a besoin de la collaboration de tous, du plus jeune à l’aîné. Denise, la mère de Jérôme Quesnel, s’occupe de la comptabilité de l’entreprise avec l’aide du petit-fils Guillaume, 14 ans. Tout bon cultivateur doit ainsi maîtriser divers métiers, comme plombier, électricien, mécanicien, électronicien, comptable et même accoucheur. Sans parler de la paperasse à remplir chaque mois pour le contrôle de la qualité du lait, des engrais et des herbicides.

«Le robot, c’est mon employé modèle, dit Jérôme Quesnel. Il est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par année. Il a amélioré beaucoup ma qualité de vie et celle de ma famille. J’espère le conserver un bon 20 ans!»

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

Lise Guinard, photographe

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