Nouvelles

On débat des problèmes de la circonscription à Saint-Chrysostome

La grande salle communautaire de Saint-Chrysostome était quasi-bondée le 18 septembre alors que des centaines de citoyens préoccupés par la chose démocratique sont venus entendre les propositions des quatre candidats de la circonscription de Huntingdon à l’élection du 1er octobre.

Organisé par les Centres de développement communautaire du Haut-Saint-Laurent et des Jardins-de-Napierville, l’événement a permis aux candidats d’expliquer – parfois maladroitement, tantôt adroitement – la position de leur parti sur six enjeux au cœur des préoccupations des citoyens: développement social, économie, réalité agricole, anglophones, culture et environnement. L’assemblée, qui se voulait non partisane, a écouté ces derniers dans un silence religieux, certains esquissant un sourire entendu devant la saillie verbale d’un candidat s’en prenant au programme politique d’un adversaire. Le préfet de la MRC et plusieurs maires de la région, dont celui de Huntingdon, ont assisté au débat.

Le premier à prendre la parole, l’actuel député et ministre libéral Stéphane Billette, a vanté les réalisations de son gouvernement en matière de développement social, faisant état des 3000 unités de logement social promises à la grandeur du Québec alors que 643 personnes dans les seules trois MRC de la circonscription sont en attente d’un logement à prix modique. Aiden Hodgins-Ravensbergen, le jeune candidat de Québec solidaire, a pris la balle au bond et rappelé la promesse de son parti de construire 50 000 logements sociaux. Claire Isabelle, candidate de la Coalition avenir Québec, a de son côté promis de réduire la paperasse et les délais inhérents à ce type de projets alors que Huguette Hébert du Parti québécois a insisté sur l’importance de construire de grands logements parmi les 5000 promis par son parti.

Tous les candidats ont également convenu de l’importance des organismes communautaires, dont les travailleurs sont souvent payés des misères. Huguette Hébert du Parti québécois a notamment proposé la création d’une assurance collective particulière pour les milliers de travailleurs œuvrant dans le secteur communautaire alors que le candidat solidaire proposait de leur assurer un financement stable et prévisible.

En matière d’économie, l’immigration et la quasi-absence de transport collectif dans la région ont donné lieu à quelques passe d’armes éloquentes. Alors que le député sortant reprenait le mantra de Philippe Couillard sur la marge de manœuvre retrouvée et l’immigration absolument nécessaire à la compétitivité du Québec, le candidat de Québec solidaire s’en est pris à la proposition de François Legault d’expulser les immigrants qui ne réussiraient pas le test de francisation qu’il préconise. Piquée au vif, la candidate de la CAQ a rappelé que l’immense majorité des immigrants s’établissait à Montréal et qu’il faudrait créer des incitatifs pour qu’ils puissent travailler dans notre région. ”Il va falloir prendre soin des immigrants et s’organiser pour qu’ils restent chez nous”, a-t-elle dit. La question du transport collectif a aussi produit quelques étincelles. Alors que le député libéral se gardait bien de rappeler son silence lors de l’abandon soudain du service d’autocar entre Huntingdon et Ormstown l’an dernier, le candidat de Québec solidaire a déploré l’inaction gouvernementale. ”Pour quelqu’un qui veut se rendre d’Huntingdon à Montréal aller-retour, il en coûte désormais 63$, en incluant le Taxibus dont les tarifs ont doublé d’un coup cet été, a martelé Aiden Hodgins-Ravensbergen. Cela n’a pas de sens!”

La fiscalité agricole et l’environnement ont aussi été débattus. Les propositions de l’Union des producteurs agricoles de limiter la valeur imposable à 20 000$ l’hectare et d’imposer un taux de taxe maximal de 0,80$ par 100$ d’évaluation n’ont pas rencontré d’opposition, Stéphane Billette s’engageant à finaliser le nouveau programme de taxes foncières agricoles dès la première année d’un prochain mandat. La CAQ s’est engagée à revoir le programme de crédit de taxes foncières alors que Québec solidaire propose d’octroyer un point de % de la TVQ aux municipalités afin qu’elles soient moins dépendantes des taxes foncières. Le PQ de son côté s’est engagé à compenser les agriculteurs pour toute hausse tant qu’une entente définitive n’aura pas été conclue entre ces derniers, les municipalités et le gouvernement.

En matière de culture, tous les candidats, à l’exception de Claire Isabelle de la CAQ, ont convenu qu’il fallait augmenter les budgets. La position de cette dernière a donné lieu à une réplique cinglante du candidat solidaire: ”Notre culture ne pourra demeurer riche si nos artistes sont pauvres”, a-t-il lancé, rappelant que les régions reçoivent 55$ par citoyen au chapitre de la culture alors que Montréal en reçoit 286$ et Québec 333$…

Le thème de l’environnement a surtout été concentré sur la question de l’eau potable. Alors que la candidate de la CAQ dénonçait le fait que plusieurs municipalités ont de la difficulté à s’approvisionner en eau potable, le candidat solidaire a insisté sur l’importance de faire payer la décontamination des lagunes de Mercier – qui empêche quatre municipalités de puiser de l’eau potable sur leur territoire – par les pollueurs eux-mêmes. De son côté, la candidate du PQ a insisté sur l’importance d’augmenter les redevances sur l’eau auprès des entreprises qui prélèvent notre or bleu alors que son pendant libéral donnait une longue liste des projets d’installation ou de rénovation d’égouts dans la circonscription.

Quant aux 7 545 anglophones – sur les 60 000 citoyens de la circonscription – qui comptent néanmoins pour 34,2% de la population du Haut-Saint-Laurent, Stéphane Billette a affirmé, main sur le cœur, que son parti n’abolira pas les commissions scolaires, anglophones ou francophones. Les autres candidats ont vanté la cohabitation des francophones et des anglophones de la circonscription, qualifiée d’harmonieuse et d’enrichissante. ”La pauvreté, l’isolement, la difficulté de se loger et de se nourrir, ce n’est pas une question de français ou d’anglais, a conclu Huguette Hébert du PQ. Tous les résidants de notre circonscription rencontrent les mêmes problèmes dans leur vie quotidienne!”

André Lachance

1 Commentaire

Rémi Pelletier 20 septembre 2018 at 22 h 44 min

Merci André, pour ton bel article!

Répondre

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site.