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Un jeune emballant qui n’a pas froid aux yeux

Lorsqu’ils passent à la caisse, les clients du supermarché IGA de Huntingdon ne se doutent pas que le jeune homme au crâne rasé qui emballe leurs emplettes est un athlète accompli, adepte des combats ultimes. En fait, seules les escarres, contusions ou égratignures qui tapissent parfois son visage pourraient donner à penser que le jeune emballeur a passé un mauvais quart d’heure dans un ring.

C’est que Pierre Thivierge a été couronné, l’été dernier, champion de la catégorie des 125 livres et moins en arts martiaux mixtes, un sport de combat complet associant pugilat et lutte au corps à corps dans lequel à peu près tous les coups sont permis. Si le titre appartient désormais à un rival, il vient néanmoins de signer un contrat pour participer à trois combats ultimes dans la catégorie des professionnels.

<<Les arts martiaux mixtes m’ont toujours intéressé, dit doucement l’athlète de 26 ans, qui s’est découvert une passion pour ce sport pour le moins violent il y a sept ans, alors qu’il étudiait à Sherbrooke. Une collègue m’a dit que son copain pratiquait les arts martiaux et je suis allé le voir au gymnase. C’est comme ça que je me suis découvert une passion pour le jiu-jit-su, le kik boxing et la boxe.>>

À Sherbrooke, le gymnase qu’il fréquentait organisait aussi des combats de niveau amateur. << J’étais stressé pas possible lors de mon premier combat, raconte-t-il, un sourire malicieux accroché aux lèvres. J’ai même failli abandonner tellement j’avais peur… Aujourd’hui, j’ai plus d’expérience et je me sers de ma peur pour me concentrer avant un combat.>>

Des combats, il en a livré plusieurs depuis quelques années. À Kahnawake, il participe régulièrement à des combats ultimes sur un ring octogonal grillagé devant quelque 500 amateurs enthousiastes qui hurlent de plaisir en le voyant tabasser un adversaire. C’est justement là qu’il a remporté sa ceinture dorée de champion de la Ligue Fightquest l’an dernier. Il en est particulièrement fier. On le reconnaît même dans la réserve mohawk de Kahnawake. << On commence même à me saluer dans la rue >>, dit-il, un peu surpris par sa nouvelle notoriété.

Pierre Thivierge est conscient du risque de blessures, notamment de commotion cérébrale. << C’est du sérieux, dit-il. On porte des gants de boxe, des protège-tibia, des protège-dent et une coquille pour les parties génitales. On est vu avant chaque combat par un médecin et, chez les professionnels, on passe même un scan et un test sanguin. >> 

Il est aussi suivi par un nutritionniste qui lui a concocté un plan d’alimentation détaillé afin de ”brûler du gras”, comme il dit. C’est que l’athlète de seulement cinq pieds un pouce – dont le poids oscille autour de 140 livres – devra suivre une diète particulièrement stricte en prévision de son prochain combat, le 12 avril. << Cela demande beaucoup de discipline, explique-t-il, mais cela ne m’inquiète pas car je l’ai déjà fait à quelques reprises.>>

De la discipline, il lui en faut des tonnes. Il passe ainsi des mois sans une goutte d’alcool, à ne pas faire d’excès, à se coucher tôt. << Il faut être tough, dur envers soi-même surtout. Même avec l’habitude, des fois je me dis ‘’ Arrête ça, c’est bien trop dur’’. Mais je me garde bien d’écouter cette petite voix intérieure! J’ai toujours aimé me pousser au maximum, aller au bout de moi-même. C’est pour ça que j’ai choisi de pratiquer un sport individuel où il n’y a pas de place pour les tire-au-flanc.>>

Le gros du travail se fait au gymnase. Au cours des semaines précédant un combat, Pierre Thivierge pratique avec des partenaires différents. << Chacun a son style, explique-t-il. J’étudie mon adversaire avant de l’affronter. Celui que j’affronterai le 12 avril mesure 5’11’’ mais il ne me fait pas peur. J’ai peut-être des petites jambes mais j’ai de longs bras. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’à Kahnawake, on me surnomme The Monkey… >>

Il respecte chacun de ses adversaires. << Je n’ai jamais été une personne violente, dit-il. Mais il me faut être capable de faire mal à mon adversaire si je veux l’emporter, même si je n’ai rien contre lui personnellement. C’est justement le but du combat! >>

Ses parents n’ont jamais manqué un seul de ses combats. <<Ils sont fiers de moi, ajoute-t-il. Ma mère et ma copine sont par contre plus nerveuses, surtout depuis que suis passé chez les professionnels.>>

Son combat du 12 avril va être télédiffusé en direct sur UFC Fightpass et, en différé, à RDS2 quelques semaines plus tard.

André Lachance

Correspondant bénévole du Haut-Saint-Laurent

1 Commentaire

Pierre Thivierge 22 février 2019 at 23 h 12 min

Merci de me donner l’opportunité de pouvoir faire découvrir ma passion dans la région! 🙂

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