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Un maire qui voit grand pour Ormstown

Avant de s’établir à Ormstown avec son épouse il y a maintenant 16 ans, Jacques Lapierre était un pur produit montréalais.

Comme il se plaît à le dire, «je suis né à Saint-Henri, j’ai fait mes études à Montréal et travaillé pendant 25 ans dans la métropole pour la Banque nationale dans ses différents services. Mon épouse et moi avons élevé nos cinq enfants à Montréal.»

Qu’est-il donc arrivé en 2002 pour qu’il s’établisse soudainement à Ormstown, ne se doutant pas une seconde qu’il serait un jour élu – à deux reprises – maire de ce joyau du Haut-Saint-Laurent? «Le tournant de la cinquantaine, répond d’un air amusé Jacques Lapierre, derrière son bureau immaculé aménagé dans un coin du nouvel hôtel de ville. J’avais simplement le goût de relever d’autres défis. Mon épouse et moi aimons beaucoup les chiens et nous avions le projet d’ouvrir un chenil quelque part à la campagne. Nous cherchions un endroit propice et nous sommes arrivés par hasard à Ormstown. Nous avons eu le coup de foudre pour l’endroit et nous y sommes depuis!»

Directeur des services financiers de la caisse populaire d’Ormstown de 2005 à 2015, il apprend à connaître les gens du coin et à les apprécier. Il est alors bien placé pour connaître les forces et les faiblesses de l’économie régionale, que d’aucuns voient avec pessimisme. «Beaucoup de gens pensent qu’on est une région démunie, dit-il, mais c’est faux. Nos fermiers par exemple sont prospères et nos gens dynamiques.»

En 2009, il se présente au poste de maire d’Ormstown et il est élu. C’est alors qu’il réalise avoir tout à apprendre du monde municipal qui, par la suite, deviendra une véritable passion. «De 2009 à 2013, je cumulais le poste de maire et mon emploi à temps plein chez Desjardins. C’en était trop car le travail municipal exige une grande disponibilité et on n’y compte pas ses heures. Donc en 2013, j’ai décidé de passer mon tour.»

Retraité et ayant appris à vivre avec une maladie pulmonaire obstructive chronique, il décide en 2017 de postuler à nouveau le poste de maire et les gens d’Ormstown lui font encore confiance…

À 65 ans bien sonnés, il brûle de donner un second souffle à la plus populeuse – 3700 citoyens – agglomération urbaine de la MRC du Haut-Saint-Laurent. Mais les défis sont nombreux. D’abord, freiner la stagnation – sinon la décroissance – démographique en tablant sur l’arrivée de jeunes familles et de pré-retraités tout en développant l’assise fiscale d’une municipalité dont une bonne partie du territoire est zonée agricole. «Mais on ne veut pas augmenter la charge fiscale de nos contribuables qui bénéficient d’un taux de taxe foncière parmi les plus bas au Québec, précise-t-il. La ville a développé le nouveau quartier de la Vallée des outardes, où résident déjà une cinquantaine de familles. On a aussi attiré des commerces comme le Super C ou le Tim Hortons. L’idée, c’est de positionner Ormstown comme une ville de services (hôpital, SQ, commerces, etc.) alors qu’Huntingdon accueillerait les entreprises industrielles.»

La sécurité de ses concitoyens préoccupe particulièrement le maire Lapierre qui entend bien persuader le ministère des Transports de réduire de 70 à 50 km/h la vitesse sur la portion de la route 138 entre l’intersection d’avec la 201 et la 138 A. Mesure d’autant plus nécessaire que l’intersection de la 138 et de la rue Roy, empruntée quotidiennement par des citoyens du nouveau quartier de la Vallée des outardes, ne possède aucun stop, encore moins de passage piétonnier… Une traverse piétonnière est cependant à l’étude. D’autres projets, comme l’établissement d’un service ambulancier et le creusage d’un nouveau puits pour l’approvisionnement en eau potable, cheminent eux aussi rondement.

Quant aux relations de sa ville avec les 12 autres municipalités qui composent la MRC du Haut-Saint-Laurent, le maire est catégorique : «Pas de compétition entre nous mais complémentarité, dit-il, rappelant que sa ville est le principal contributeur à l’aréna d’Huntingdon, pourtant sis à… Hinchinbrooke. Je cherche à ce que la coopération avec les autres villes et municipalités soit mutuellement profitable, malgré les intérêts parfois divergents des uns et des autres.»

À cet égard, l’appui constant d’Ormstown aux services de transport en commun dans la MRC est exemplaire. Contrairement à Huntingdon qui a préféré priver ses citoyens d’autobus pour ne pas avoir à verser 85 000$ pour ce service pourtant essentiel, Ormstown paye 175 000$ par année pour le service d’autocar la reliant à Montréal, sans parler les quelque 50 000$ versés au Taxibus. Un investissement qui cadre bien avec l’intention du maire d’augmenter le nombre de jeunes familles et de pré-retraités dans sa municipalité.

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent

1 Commentaire

Manon Collard 12 novembre 2018 at 9 h 29 min

Merci Mme St-Germain pour vos textes, c’est toujours un plaisir de vous lire.

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