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Un sage nous a quitté…

C’est un homme qui a vécu sur trois continents mais il avait trouvé sa sérénité au Québec, terre de liberté, comme il se plaisait à dire. Un attachement profond le liait aux gens de la région depuis 1973. Son paradis, c’était La Giselière, sur le chemin neuf à Saint-Anicet.

Il savait nous entretenir des vraies valeurs : dépassement de soi, intégrité, dignité, tolérance, humilité, soif de connaître, application, détachement, implication, solidarité… Ses gestes et son discours en témoignaient largement.

Écrire pour lui était un art de vivre. On peut lire dans ses chroniques du temps ce témoignage inspirant : «On change de vêtements chaque saison. Souvent, je m’achète du neuf, comme s’il suffisait d’un manteau pour me «sentir» bien. La mode nous le fait croire. Alors qu’on a plus souvent besoin d’un nettoyage intérieur. D’un renouvellement du regard. D’un dépoussiérage des idées. Qu’on a besoin de trouver la force de changer ce qu’on peut changer et qu’on doit cesser de se faire mal avec les réalités sur lesquelles on ne peut rien. L’essentiel est plutôt là, au centre de nous, pas derrière nous», écrivait-il.

Notre campagne l’inspirait: «En campagne, le dehors est l’espace: la vie, l’été, et le grand silence blanc, l’hiver. Ainsi, quand le soleil entre dans la maison par les fenêtres sans voiles, c’est un peu la liberté des vivants qui entre nous voir en murmurant des poèmes. Ainsi, nos fenêtres sont nos yeux sur le monde».

Son amour pour la nature était incomparable. Il lui consacrait tout son temps libre avec ses nombreuses plantations d’arbres et surtout par son implication dans l’organisation de la Réserve faunique du lac Saint-François. Il déclarait au sujet de ce dernier: « (…) ce lac est une encyclopédie: on y puise tous les savoirs sur les vents, sur les oiseaux, sur les mammifères, sur les poissons et indirectement sur l’homme et ses villages ».

Homme de théâtre avec la fondation du Petit théâtre des Cageux, auteur et romancier, il fait en 2016 une apparition très remarquée comme comédien dans le film Le fabuleux marais du réalisateur André Desrochers.

Quelques décennies auparavant, il avait été un enseignant dévoué pour des légions d’élèves dans la région de Huntingdon. On s’y souvient encore de lui, c’était un professeur remarquable qui amenait les sujets sous un angle inédit, éclairant et transcendant. Il s’habillait en permanence d’une authentique modestie qui n’avait d’égale que son affable simplicité.

Dimanche dernier, sa famille et ses amis ont planté un chêne en sa mémoire. Quelqu’un m’a demandé: «Jean Albrecht est-il vraiment mort?» Avant d’ajouter «J’aurais aimé le connaître. Salue-le de ma part et de la part de mon frère.»

Denise St-Germain, correspondante bénévole du Haut-Saint-Laurent.

2 Commentaires

Céline 5 juillet 2018 at 10 h 44 min

Bien dit… Jean laisse des traces de son passage dans Le Haut-Saint-Laurent par son implication, sa communication et sa générosité à partager ses connaissances.
Merci …

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louise 27 juin 2018 at 20 h 49 min

excellent!!!!
comme on est chanceux d’avoir connu ce grang homme
merci Denise

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